Chapelle Sainte-Marie-du-Cap


Chapelle Sainte-Marie-du-Cap


La chapelle Sainte-Marie-du-Cap, dite « chapelle algérienne », est un bâtiment situé sur la commune de Lège-Cap-Ferret, en France, au niveau du village de l'Herbe, au bord du bassin d'Arcachon. Il s'agit du seul élément encore existant d'un vaste domaine édifié par Léon Lesca, entrepreneur de travaux publics à son retour d'Algérie à partir de 1864. Érigée en 1885, elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis 2008.

Historique

La Villa algérienne

C'est en 1863 que Léon Lesca et son frère achètent à bas prix un vaste domaine de plusieurs centaines d'hectares en bordure de Bassin, entre le lieu-dit « le Boque » au Cap Ferret et Claouey. À l'époque, l'endroit est encore sauvage et dépourvu de route.

En 1865, l'entrepreneur de travaux publics né à La Teste, qui avait participé à la construction du port d'Alger, aussi philanthrope et bienfaiteur de la presqu’île, fait édifier au lieu-dit « Gnagnotte » un ensemble fabuleux dont la « Villa algérienne », surprenant palais de style néo-mauresque, entourée d'un parc de 25 ha aux essences exotiques les plus diverses (palmiers, cèdres du Liban, bananiers, eucalyptus), est l'élément majeur. Entourée de mimosas, elle est surnommée « Le Palais des Pachas ». Au fil des années, Léon Lesca développe et transforme son domaine, faisant venir le matériel en bateau depuis La Teste. Il crée des réservoirs à poissons, exploite la forêt et les parcs à huîtres, plante un vignoble, construit une douzaine de maisons pour son personnel, une école, une jetée, un presbytère et une chapelle. À proximité, il exploite même de la vigne (d'où le nom du port de la Vigne). À terme, 80 personnes travaillent sur la propriété,.

Celui qui deviendra conseiller général de La Teste de 1873 à 1897 et achètera le Grand Hôtel d'Arcachon vivra dans la villa jusqu’à sa mort en 1913, à 88 ans. Plus tard, en villégiature au Cap Ferret, l'écrivain Jean Cocteau enverra à des amis parisiens une carte postale représentant le bâtiment, notant : « Voici la fameuse et incroyable villa des propriétaires de la moitié du pays ». Laissée à l’abandon par ses héritiers, réquisitionnée par les Allemands sous l'Occupation, elle sera vendue, puis détruite par un promoteur immobilier en 1965,. Derrière la chapelle se trouve un lotissement de résidences secondaires, propriété d'une cinquantaine de ses descendants.

Seuls subsistent aujourd'hui la paroi du fond de la « grotte », un pont en rocaille, deux cuviers et la chapelle Sainte-Marie du Cap.

La chapelle

C'est l'architecte Jean-Eugène Ormières (1823-1890) qui réalise, en 1884-1885, cet édifice de style néo-mauresque, destiné au culte catholique. En effet, jusque là, le Cap Ferret ne disposait pas de lieu de culte et il fallait se rendre à Arcachon en pinasse pour assister à la messe, ce qui était dangereux. Bien qu'il s'agisse d'une chapelle privée, elle est utilisée par les habitants des villages ostréicoles des environs. Léon Lescat obtient l'autorisation du président de la République Jules Grévy pour la construire.

Elle s'insère dans le mouvement architectural « orientalisant » qui se développa sur le bassin d'Arcachon dans la deuxième moitié du XIXe siècle (Casino mauresque d'Arcachon, villas de la ville d'Hiver, etc.). Sur le clocher, un étonnant rapprochement entre la croix et le croissant de lune, une inscription latine « gloria Deo » et une seconde en arabe, « bienvenue à vous », reflètent les influences culturelles du commanditaire. Elle est symbole d’ouverture et de paix. La polychromie, la présence de carreaux de céramique aux motifs géométriques et floraux, l'utilisation de l'arc outrepassé, ici polylobé, illustrent l'influence du style mauresque. À l'intérieur se trouve un lustre fait de bois, verrerie, porcelaine et pompons en tissus multicolores ainsi qu'une étoile à cinq branches, significative pour les trois religions du livre (les cinq piliers de l'Islam, les cinq livres de la Torah ou encore les cinq plaies du Christ et les cinq mystères joyeux).

La chapelle Sainte-Marie-du-Cap fut bénie le 8 septembre 1885 par l'abbé Lacouture. Elle demeura longtemps le seul lieu de culte de la presqu'île ; on y venait à pied à travers la forêt. Le premier et seul chapelain fut l'abbé Noailles. Propriété de la ville de Lège-Cap Ferret depuis sa vente par le diocèse pour pour 1 € symbolique, elle inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis août 2008, elle est toujours affectée au culte catholique.

En juin 2011, une rénovation complète est achevée. Aujourd’hui, on y célèbre des messes en été et des mariages ou des baptêmes pour les résidents habituels du village de l'Herbe. En été, elle accueille des célébrations et des concerts.

Notes et références

Bibliographie

  • François Cottin, Le Bassin d'Arcachon. Au temps des pinasses, de l'huître et de la résine (t. I), éd. l'Horizon chimérique, 2000, 368 p.
  • François Cottin, Le Bassin d'Arcachon. À l'âge d'or des villas et des voiliers (t. II), éd. l'Horizon chimérique, 2012, 368 p.

Annexe

Article connexe

  • Liste des monuments historiques de la Gironde

Liens externes

  • Ressource relative à l'architecture :
    • Mérimée
  • Ressources relatives à la religion :
    • Clochers de France
    • Observatoire du patrimoine religieux
  • Reportage de 1966 sur la destruction de la Villa algérienne
  • Photos anciennes de la villa
  • Portail de l’architecture chrétienne
  • Portail de la Gironde
  • Portail des monuments historiques français

Chapelle Sainte-Marie-du-Cap


Langue des articles



Quelques articles à proximité