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Alexandre-François de La Rochefoucauld


Alexandre-François de La Rochefoucauld


Alexandre-François, 1er comte de La Rochefoucauld (né à Paris dans la paroisse de l'église Saint-Sulpice, le et mort dans l’ancien 10e arrondissement de Paris, le ), est un militaire, diplomate et homme politique français.

Biographie

Alexandre François de La Rochefoucauld est le fils cadet du duc de Liancourt et de Félicité-Sophie de Lannion, et le frère de François XIII, duc de La Rochefoucauld.

Alexandre François de La Rochefoucauld embrasse d'abord la carrière des armes et suit, comme officier d'état-major à l'armée du Nord, le général La Fayette lors de la campagne de 1792. Les frontières françaises sont alors menacées par les armées combinées de la Russie et de l'Autriche. Après la chute de la monarchie, il quitta l'armée.

Cette manifestation et les tentatives qu'il fait, de concert avec sa famille, pour sauver le roi et la reine, appellent sur lui l'attention du nouveau gouvernement : mis hors la loi, il est obligé de fuir. Il ne revient en France que sous Consulat, « tiré de sa retraite » par le coup d'État du 18 brumaire.

Il épouse, en 1788, la fille du comte de Chastulé, officier aux Gardes-Françaises, riche propriétaire à Saint-Domingue, cousine germaine d'Alexandre de Beauharnais, dont la veuve, Joséphine de Beauharnais, est remariée avec le général Bonaparte. Cette parenté amène des « relations naturelles » entre le premier Consul et lui.

Premier Empire

Napoléon Ier, qui désire se l'attacher, donne son épouse pour dame d'honneur à l'impératrice Joséphine, et marie leur fille au prince Aldobrandini, frère du prince Borghèse.

Placé à la tête de l'administration de Seine-et-Marne, lors de la création des préfectures, le comte de La Rochefoucauld devient, en l'an IX (), ambassadeur (ou chargé d'affaires ou ministre plénipotentiaire selon les sources) auprès de la cour de Saxe. Les ratifications du traité de Lunéville n'ont pas encore été échangées : sa mission est d'amener l'électeur à des dispositions plus favorables à la France, il y parvient.

Le 9 vendémiaire an XII, il est nommé membre de la Légion d'honneur, et en est nommé commandant le 25 prairial de la même année.

Ambassade à Vienne

La rupture du traité d'Amiens exerce une grande influence sur les affaires d'Allemagne.

La Rochefoucauld « montrant de l'habileté » dans ces diverses missions diplomatiques, « ses talents diplomatiques le firent juger, dans ces circonstances difficiles, digne d'un plus grand théâtre », et Napoléon l'envoya comme ambassadeur à Vienne () en remplacement de Champagny. Il arrive dans cette ville le .

L'érection du royaume d'Italie (1805), la réunion de la république de Gênes à l'Empire français, amènent bientôt, de la part de l'Autriche, des demandes formelles d'explication qui ne tardent pas à devenir des préludes de guerre. Le comte de La Rochefoucauld éclaire l'Empereur sur les sourdes menées du cabinet de Vienne, sur les armements considérables qui se font dans les États héréditaires des Habsbourg, et l'instruit du traité secret conclu entre l'Autriche, la Russie et l'Angleterre. Ayant reçu ordre de demander ses passeports, il quitte Vienne le .

Il y est accrédité de nouveau le , après la signature du traité de Presbourg. Alors, le protectorat de la confédération du Rhin, dont Napoléon vient d'être investi, force François II du Saint-Empire à renoncer au titre d'empereur germanique. L'ambassadeur français sait, « avec une rare habileté », atténuer l'impression que produit à la cour de Vienne cette modification importante introduite dans le système politique de l'Europe, impression que devait rendre plus irritante encore l'invasion du royaume de Naples, l'érection du grand-duché de Berg et l'envahissement du Hanovre.

En 1806, il quitte l'ambassade de Vienne pour se rendre à Berlin, où Napoléon se trouve alors. Il prend une part active aux négociations qui donnent à la Saxe une existence politique d'un ordre plus élevé (l'électorat de Saxe devenant le royaume de Saxe), et assurent ainsi son adhésion au système français.

Ambassade à Amsterdam

Le , il est nommé à l'ambassadeur de Hollande : « il remplit, avec adresse et bonheur, cette nouvelle mission rendue si difficile par les dispositions secrètes » du roi Louis-Napoléon, dont le zèle pour les intérêts du pays qu'il gouvernait lui faisait péniblement supporter l'autorité de l'Empereur, son frère, et le contrôle incessant auquel ses mesures étaient soumises.

Par décret du 28 octobre 1808, Napoléon le fait comte de La Rochefoucauld et de l'Empire.

En 1809, les Anglais débarquent en Zélande. L'ambassadeur français déploie, dans cette circonstance critique, une activité remarquable, et on lui doit, en grande partie, la promptitude avec laquelle sont réunis les moyens qui préservèrent Anvers et ses chantiers d'une ruine presque certaine ; il est puissamment secondé par les Hollandais, dont « la loyauté et l'affabilité de son caractère a captivé l'estime et l'affection ».

Le roi de Prusse, connaissant toute son influence sur l'esprit des Hollandais, charge le comte de La Rochefoucauld d'appuyer de son crédit un emprunt qu'il veut faire en Hollande ; cet emprunt est rempli, et, en reconnaissance de ce service, le monarque lui envoie le cordon de l'ordre de l'Aigle noir, que Napoléon lui permit de le porter.

En décembre 1809, le divorce entre Joséphine et Napoléon met un terme aux fonctions de première dame d'honneur de la comtesse de La Rochefoucauld.

En 1810, l'Empereur prend la résolution de réunir le royaume de Hollande à l'Empire, si son frère se refuse à adhérer rigoureusement au blocus continental. De La Rochefoucauld use, dans cette circonstance délicate, « de toutes les ressources d'un esprit adroit » ; mais l'irritation des esprits est telle, à Amsterdam surtout, qu'il y courut des dangers personnels. Napoléon le rend, en quelque sorte responsable de l'abdication de son frère, et il doit porter le poids de son mécontentement. Aussi, rappelé à Paris à la fin de , il manifeste le désir de ne plus être chargé de nouvelles missions ; et reste dans la vie privée.

« À l'exemple de son vertueux père, il devint la Providence des malheureux ; il leur assura les secours qui soulagent la misère, et le travail qui la prévient. 150 ouvriers se réunirent dans une filature fondée par lui dans son domaine de Crèvecœur. »

— Lievyns, Verdot, Bégat, Fastes de la Légion d'honneur.

Carrière parlementaire

Bien qu'il ait « semblé renoncer à la politique », il accepte toutefois, pendant les Cent-Jours () le titre éphémère de membre de la Chambre des pairs : qu'il perd trois mois plus tard, à la seconde Restauration.

Les électeurs du 3e arrondissement de l'Oise (Senlis) ne pouvaient pas trouver un « plus digne représentant », aussi, il le « dédommagèrent » en l'envoyant trois fois à la Chambre des députés, où sa place est constamment au centre gauche :

  1. le , avec 276 voix (358 votants, 440 inscrits), contre 46 à Louis-Étienne Héricart de Thury. Il siège parmi les royalistes constitutionnels, mais n'est pas réélu en 1824 ;
  2. le , en remplacement d’Étienne Maurice Gérard, qui a opté pour Bergerac (Dordogne). Élu par 174 voix (290 votants, 376 inscrits), contre 64 à Michel Nicolas Gérard de Blincourt et 28 à Héricart de Thury, il combat le ministère Polignac, est des 221, et obtient sa réélection,
  3. le , au collège de département de l'Oise, avec 173 voix sur 293 votants et 328 inscrits.

Le comte de La Rochefoucauld se rallie avec empressement au drapeau de 1830, et, partisan de la monarchie de Louis-Philippe Ier, il la défend à la Chambre des députés jusqu'aux élections du , où il échoue, puis à la Chambre des pairs, où l'appelle une ordonnance royale du suivant.

Ayant hérité de sa mère l'ancien marquisat de Crèvecœur-le-Grand et son château, il est maire de la commune de 1830 à 1831 et conseiller-général du canton de Crèvecœur-le-Grand de 1831 à 1833.

Louis-Philippe le fait grand officier de la Légion d'honneur le .

Le comte Alexandre de La Rochefoucauld meurt à Paris le , « emportant avec lui l'estime et les regrets de ses concitoyens ». Inhumé au cimetière du Père-Lachaise (14e division, 2e ligne, no 26), son éloge funèbre fut prononcé au palais du Luxembourg par son collègue, le marquis de Pange.

En 1820, il achète l'Hôtel de Caraman, 28 rue Saint Dominique à Paris, qui prend alors le nom d'Hôtel d'Estissac et reste dans sa descendance jusqu'à sa vente, en 1929. Cet hôtel abrite aujourd'hui la Maison de la Chimie.

Après sa mort, le domaine et le château de Crèvecœur-le-Grand furent vendus, puis démantelés. Une aile du château abrite aujourd'hui la mairie, une autre une EHPAD.

Famille et descendance

Fils cadet de François XII (1747-1827), duc de La Rochefoucauld et de Félicité-Sophie de Lannion (1745-1830), le comte de La Rochefoucauld avait pour frères et sœurs :

  1. François XIII Armand Frédéric (1765-1848), 8e duc de La Rochefoucauld, duc de Liancourt, etc., marié en 1794 avec Marie-Françoise de Tott (1770-1854), dont postérité ;
  2. Aglaé Émilie Joséphine (1774-1789) ;
  3. Frédéric Gaëtan (1779-1863), marquis de Liancourt, marié en 1808 avec Marie Caroline Petronilla Schall de Bell (vers1794/1795-1870), « gräfin » von Schall-Riaucour, dont postérité ;

Récapitulatifs

Titres

  • Comte de La Rochefoucauld et de l'Empire (décret du , lettres patentes signées à Paris le ), ;
  • Pair de France :
    • - (Cent-Jours) ;
    • - (Monarchie de Juillet).

Décorations

  • Légion d'honneur :
    • Légionnaire (9 vendémiaire an XII), puis,
    • Commandant (25 prairial an XII), puis,
    • Grand officier de la Légion d'honneur () ;
  • Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis ;
  • Autorisé, au cours de l'année 1808, à accepter et à porter la décoration de l'ordre de l'Aigle noir de Prusse ;

Armoiries

Ascendance

Notes et références

Annexes

Articles connexes

Liens externes

  • Ressources relatives à la vie publique :
    • base Léonore
    • Dossiers individuels de préfets
    • Sénat
    • Base Sycomore
  • « Alexandre-François de La Rochefoucauld : précisez », Alexandre-François, comte de La Rochefoucauld 1767-1841, & Adélaïde de Pyvart de Chastullé, sur roglo.eu (consulté le )
  • (en) Miroslav Marek, « Genealogy de La Rochefoucauld », #7, sur genealogy.euweb.cz, 4th january 2005 (consulté le )
  • « <abbr%20class= "abbr"%20title="Premier">1er%20EMPIRE%20d0e19290&qid=sdx%20q19&fmt=tab&idtoc=BB%2029%20<abbr%20class="abbr"%20title="Premier">1er%20EMPIRE-pleadetoc&base=fa&n=2&ss=true&as=true&ai=second%7Cstandard%7C Registres de lettres patentes de collation de titres et d'armoiries et armorial. 1808 - 1815. BB/29/966 page 307 », Titre de comte, accordé par décret du 28 octobre 1808, à Alexandre, François de La Rochefoucauld . Paris (28 janvier 1809)., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le ), p. 496
  • « LA ROCHEFOUCAULD Alexandre François, comte de (1767-1841) », sur Association des Amis et Passionnés du Père-Lachaise
  • « LA ROCHEFOUCAULD Charles Alexandre, duc d’Estissac (décédé en 1836) », sur Association des Amis et Passionnés du Père-Lachaise
  • Archives nationales : de La Rochefoucauld, Alexandre François

Bibliographie

 : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • « La Rochefoucauld (Alexandre-François), comte de Liancourt », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, t. III, Edgar Bourloton, , 640 p. [détail de l’édition] (lire en ligne), p. 602 [texte sur Sycomore]  ;
  • Saury, « La Rochefoucauld (Alexandre, comte de) », dans A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Fastes de la Légion d'honneur, biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, vol. II, , 3e éd., 537 p. [détail de l’édition] (BNF 37273876, lire en ligne), p. 366-367  ;
  • Albert Révérend (1844-1911), Armorial du Premier Empire : titres, majorats et armoiries concédés par Napoléon Ier, vol. 3, Paris, (4 vol. in 2) Au bureau de L'Annuaire de la noblesse, , 351 p. (lire en ligne), p. 48-49  ;
  • Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. 1 et 2, Gouda, G.B. van Goor zonen, 1884-1887 « et ses Compléments », sur www.euraldic.com (consulté le ) ;
  • « La Rochefoucauld (Alexandre, comte de) », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, [détail de l’édition] ;
  • « Alexandre-François, comte De La Rochefoucauld », dans Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, vol. VIII, , 378 p. [détail de l’édition] (lire en ligne), p. 70  ;

Chronologies

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